Sevrage tabagique

  • 1- L'aide au sevrage
  • 2- Les avantages
  • 3- Les inconvénients
  • 4- Pourquoi prend-on du poids à l'arrêt du tabac ?
  • 5- Les contre-indications

D'après une étude récente, actuellement en France, il y a 15 millions de fumeurs réguliers.

  • 30% des fumeurs sont des « fumeurs satisfaits ».
  • 70% envisagent de s'arrêter de fumer ; parmi eux, un tiers a un projet de sevrage tabagique souvent dans le mois à venir. Ils s'efforcent de s'arrêter de fumer, quel que soit le moyen utilisé.

Le sevrage tabagique est souvent difficile.

La dépendance à la nicotine génère des mécanismes biologiques et comportementaux de l'individu ; sa suppression entraîne des réactions inverses.

« Fumer n'est plus une mauvaise habitude, c'est une maladie, une vraie maladie chronique, qu'il faut traiter comme telle », Dr Anne Borgne.

1- Aide au sevrage tabagique

En premier lieu, la prise de conscience individuelle et la motivation personnelle sont des facteurs déterminants pour engager une lutte efficace contre ce fléau ; enfin, la volonté reste pour chacun la clé de la réussite.

En second lieu, le soutien important que peut apporter le médecin, généraliste ou spécialiste, dans la lutte contre le tabagisme.

Aider les fumeurs qui souhaitent s'arrêter de fumer.

Développer l'accompagnement humain au sevrage en démultipliant les deux modes de consultations de tabacologie.

Les “consultations de groupe” sans rendez-vous. Elles permettent aux fumeurs de se rencontrer, d'échanger et d'instaurer une dynamique collective motivant l'arrêt. Il en existe actuellement 26.

L'objectif pour l'année 2007 est de multiplier par 8 leur nombre pour atteindre le chiffre de 260.
Coût : 8 millions d'euros en année pleine.

Les consultations individuelles sur rendez-vous. Plus traditionnelles, elles accompagnent de manière personnalisée le fumeur dans sa démarche. Il existe actuellement 500 lieux de consultations individuelles (225 dans les établissements publics et 275 dans le secteur privé). Les départements disposent tous d'au moins un lieu de consultation (173 700 patients sur toute la France).
L'objectif pour l'année 2007 est d'augmenter le nombre de lieux de 40 %, pour atteindre 200 lieux supplémentaires.
Coût : 13 millions d'euros en année pleine.

Prendre en charge l'accompagnement médicamenteux en remboursant une partie des médicaments d'aide à l'arrêt.

2- Les avantages pour ceux qui réussissent leur sevrage tabagique

Ils sont évidents et multiples :

  • L'arrêt tabagique diminue de 50% les risques d'infarctus du myocarde.
  • L'arrêt tabagique diminue de 60% les risques de cancers du col chez la femme.
  • L'arrêt tabagique est bénéfique pour la fonction respiratoire et diminue de 40% les risques de cancer du poumon.
  • L'arrêt tabagique diminue les risques de maladies artérielles.

En France, elles sont responsables de 200.000 décès par an et de 60.000 hospitalisations, entre 12.000 et 15.000 amputations pour artérite des membres inférieurs. Sur 100 artéritiques, 60 seront opérés, 20 amputés ; et 30% d'entre eux mourront dans l'année qui suit l'amputation. Le coût économique atteint 2,3% du budget national de la santé.

3- Les inconvénients pour ceux qui s'arrêtent de fumer

  • Nervosité accrue.
  • Agressivité envers l'entourage.
  • Ballonnement, gastrite…
  • Prise de poids.

4- Pourquoi le fumeur prend-t-il du poids à l'arrêt du tabac ?

Le poids est l'équilibre entre la quantité de calories dépensées par l'organisme et celles apportées par l'alimentation.

La prise de poids, constatée environ une fois sur trois après le sevrage tabagique est la conséquence directe d'une perturbation de cet équilibre.

La prise de poids est variable d'un sujet à l'autre, en tout cas proportionnelle à l'importance du tabagisme antérieur.

Selon une étude américaine longitudinale, citée comme référence par le Pr Gilbert Lagrue (hôpital Henri-Mondor, Créteil), la prise de poids atteint en moyenne 2,5 kg chez les hommes et 3,5 kg chez les femmes. Dans 10% des cas il s'agit de surcharge pondérale de plus de 10 kg.

D'après le Pr Lagrue, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte.

Il y a d'abord une diminution des dépenses énergétiques en l'absence de la nicotine qui est un stimulateur du métabolisme de base.

Ensuite, l'arrêt du tabac s'accompagne d'une augmentation de l'appétit, car la nicotine est un coupe-faim bien connu. De plus la personne sevrée retrouve le plaisir du goût, car l'atteinte de l'olfaction due au tabac est réversible. D'où les tendances au grignotage, accentuées encore par un phénomène de compensation alimentaire dû au stress de l'abstinence.

Le plus important réside donc dans un contrôle d'apport en graisses saturées et une augmentation de la consommation de fruits et de légumes frais, riches en vitamines et oligo-éléments.

Il faut retrouver d'autres sources de plaisir que sont la consommation des bons aliments et le sport afin de pouvoir faire plus facilement un deuil du plaisir de fumer.

C'est pourquoi une prise en charge globale de l'individu par l'acupuncture générale associée à d'autres techniques de médecines alternatives pourrait arriver à maîtriser ces inconvénients et à minimiser les effets.

5- Les contre-indications au sevrage tabagique

En général, on déconseille le sevrage tabagique dans le cas des maladies psychiatriques dans lesquelles la personnalité du sujet est fortement perturbée.

Il existe TROIS autres contre-indications impératives mais temporaires.

Echéance intellectuelle à court terme (examen, concours…) :

Car l'arrêt brutal, surtout sans substitut nicotinique, provoque souvent chez le fumeur des difficultés de concentration, une diminution de l'éveil voire des somnolences diurnes.

La maladie alcoolique ou toxicomaniaque :

Dans ce cas, le tabagisme entre dans le cadre plus général de la « personnalité dépendante ».

L'épisode dépressif, du fait des risques d'aggravation. :

Parmi les fumeurs de plus d'un paquet par jour, le risque dépressif est rencontré dans 34% des cas et l'association anxiété-dépression dans 29% des cas.

Dans un tel contexte, l'arrêt tabagique nécessite d'être envisagé hors épisode dépressif ; on associe à une démarche psychothérapique, parfois, on accompagne d'une thérapeutique transitoire soit pharmacologique soit comportementale (relaxation, sophrologie, yoga…).

Docteur TRINH
Président de la « Ligue Internationale contre le tabagisme »

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