Traitement des cellulites par l’électrothérapie

L'électrothérapie est un traitement médical des cellulites localisées, associant obligatoirement un cadre métabolique précis et déterminé avec, au premier plan l'équilibre hydro-sodé, des règles hygiéno-diététiques rigoureuses aux différentes étapes de la thérapeutique et une électrothérapie spécifique par voie transcutanée.

Ce traitement n'a pas pour objet principal de traiter les obésités ou les surcharges pondérales importantes.

Par ailleurs, il ne s'agit pas d'acupuncture.

Principes et méthode

Physiologie

Des études déjà anciennes montrent que l'impédance des tissus est fonction du degré d'hydratation des secteurs extra et intracellulaires.

Des mesures de résistances électriques pratiquées dans des zones hydro-lipodystrophiques montrent des variations importantes allant de 80 000 ohms (hanche-ventre) à 200 000, voire 300 000 ohms (zones trochantériennes). Cette résistance varie chez un même patient en fonction de son degré d'hydratation (eau et sel).

Une diminution de l'osmolalité extracellulaire (apport sodé insuffisant et/ou fuite sodée prédominante) entraîne une hydratation intracellulaire.

Le rein se trouve dans la situation d'économiser au maximum l'excrétion de sodium. C'est la définition de l'hyperaldostéronisme secondaire. Cette situation est fréquemment rencontrée chez les patientes. Cet état est majoré, dans une proportion non négligeable de cas, par une automédication par les diurétiques.

Electrothérapie

La cellulolipolyse fait appel à l'utilisation de courants électriques unidirectionnels d'intensités faibles.

L'électrostimulation se fait in situ, dans les masses hydro-lipodystrophiques, à l'aide de fines aiguilles stériles et à usage unique de 120 à 180 mm de longueur et de faible diamètre.
La direction des aiguilles sert de vecteur unidirectionnel au courant. Ces aiguilles sont placées par paires de part et d'autre des zones à traiter.

Elles sont implantées parallèlement à la surface cutanée sur toute leur longueur (jonction derme-hypoderme) et sont reliées à un générateur paramétré.

Celui-ci va entretenir en permanence, pendant un temps déterminé, une différence de potentiel entre les deux pôles que représentent les aiguilles (cathode et anode).

Les électrodes ainsi implantées permettent au courant d'accéder directement aux tissus. La puissance et l'intensité des signaux électriques ainsi délivrés, ne sont fonction que de la résistance ohmique des tissus traités, d'où l'importance de l'équilibre hydro sodé.

L'appareil d'électrothérapie utilisé est un générateur paramétré de courants basses fréquences à sorties multiples. Un programmateur numérique permet d'entretenir en permanence sur chacune des six sorties une différence de potentiel entre les deux pôles que représentent les aiguilles, et ce, à fréquence, intensité et durée déterminées.

Mode d'action

Effet joule et effet anti-inflammatoire.
Tout passage de courant entraîne une élévation de la chaleur locale qui entrave le métabolisme cellulaire ; la mise en place, le maintien d'électrodes en sous-cutané, le passage de courant provoquent un phénomène inflammatoire et induisent une réaction anti-inflammatoire. Ces deux effets entraînent une hyperémie, et ceci d'autant que l'électrothérapie basse fréquence stimule les nervi et vasa vasorum.

L'ensemble de ces phénomènes améliore très nettement la microcirculation locale.

Dépolarisation cellulaire

La différence de potentiel va entraîner des modifications des polarités membranaires, jouant ainsi sur la perméabilité cellulaire. L' hyper activité cellulaire de lutte contre l'inversion des polarités créées va être consommatrice d'énergie au niveau cellulaire et donc augmenter le catabolisme local. De plus, la stimulation électrique des terminaisons du système nerveux végétatif sympathique augmente l'AMP cyclique intra-adipocytaire, majorant ainsi l'hydrolyse des triglycérides.

Tout passage de courant dans un milieu que l'on espère le plus ionique et le plus hydraté possible entraîne une électrolyse (hydrolyse).

Celle-ci jouerait un rôle direct dans la dépolymérisation des protéoglycans, constituants membranaires dont on sait qu'ils sont riches en eau (90%) et dont le rôle dans les échanges transmembranaires s'impose de plus en plus.

Effet mécanique

Le passage du courant entraîne des contractions rythmées des fibrilles du tissu conjonctif sous-cutané qui sont à la base de l'amélioration de la qualité et de l'aspect de la peau.

Tous ces phénomènes tendent à augmenter le catabolisme local dans les zones traitées. Les produits de ce catabolisme sont repris en charge par la microcirculation réactivée et suivent les voies métaboliques normales.

Méthode

Une consultation médicale préalable est indispensable et doit mettre en évidence :

  • Les non indications à la technique
    • trouble important de l'image corporelle,
    • obsession des mensurations idéales chez des patientes ayant souvent tenté de nombreuses techniques et chez qui il est plus raisonnable de s'abstenir de tout soin supplémentaire,
    • obésité franche.

  • Les contre-indications
    • pathologies cardio-vasculaires, HTA, troubles de la conduction cardiaque…
    • maladies de système,
    • épilepsie…
    • états cutanés difficiles (plaies, eczémas…),
    • états veineux catastrophiques ne permettant pas la mise en place des électrodes,
    • allergie aux métaux,
    • patients sous anti-coagulants, etc.

L'évaluation et la correction si besoin de l'état hydro électrolytique des sujets à traiter (en effet, pour qu'un courant passe, un milieu aqueux et ionisé est nécessaire).

L'évaluation des habitudes de vie et la définition des règles hygiéno-diététiques.

Pour ce faire, l'interrogatoire et l'examen clinique seront utilement complétés par des examens biologiques. A noter l'importance d'un ionogramme urinaire pratiqué sur la diurèse des 24 heures mis en regard d'un ionogramme sanguin.

La cellulolipolyse ne peut se pratiquer, nous l'avons vu, que chez une femme suffisamment hydratée et normalement sodée. Bien entendu, les règles hygiéno-diététiques normales seront expliquées aux patientes.

La cure de cellulolipolyse s'étale sur 6 à 8 semaines à raison d'une séance d'électrothérapie d'une durée de 1 heure à 1 heure 30, renouvelée tous les 7 à 10 jours environ.

Une cure comprend 6 séances ; chaque séance comprend un bilan médical.

L'effet de la cure se prolonge 4 à 5 semaines environ après la fin de la dernière séance.

Des cures de consolidation ou d'entretien peuvent être effectuées. D'une façon générale, les protocoles pour les cures ultérieures sont plus courts que pour la première cure.

Technique

Chaque paire d'électrodes implantées détermine une zone.
Différentes zones peuvent être traitées simultanément.

Les localisations les plus souvent demandées sont :

  • Les faces externes et postéro externes des cuisses,
  • Les hanches,
  • La taille,
  • Les faces internes des cuisses et les faces antéro-internes du tiers inférieur des cuisses,
  • Les genoux.

Les repérages avant implantation d'électrodes sont faits sur une patiente debout : dans un premier temps sur un hémicorps, les points d'entrée des électrodes pouvant être pointés au crayon chirurgical. Des zones identiques et symétriques sont déterminées sur l'hémicorps controlatéral (ligne virtuelle verticale passant par l'ombilic).

La mise en place des électrodes se fait, par contre, sur une patiente allongée. Il convient d'éviter, bien entendu, de piquer dans les lacis veineux sous cutanés apparents.

Les aiguilles sont utilisées ici comme support du passage du courant, et non en fonction des points d'acupuncture ou des méridiens.

Les électrodes sont tunnélisées à partir du point d'entrée cutané sur toute leur longueur, et ce parallèlement à la surface cutanée, à une profondeur d'environ 2 à 3 mm (jonction dermo-hypodermique).

Les électrodes déterminant une zone sont implantées parallèlement entre elles et ne doivent en aucun cas être espacées de moins de 5 cm.

La cathode étant la plus douloureuse doit être située :

  • Le plus loin possible des masses tendineuses,
  • Le plus loin possible du périnée.

Résultats

1503 patientes (étude multicentrique) ont été vues en consultation. 292 patientes ont été récusées pour les raisons énoncées plus haut.
1211 patientes ont suivi le traitement.

Dans le cadre de la consultation préliminaire, des bilans systématiques (ionogrammes sanguins et urinaires) ont été pratiqués chez 423 patientes.

L'interrogatoire médical retrouvait fréquemment des patientes suivant un régime pauvre en sodium avec un apport inférieur à 100 millimoles (6gNaCl) par jour. Beaucoup de ces patientes pensent à tort que :

  • Le sel est néfaste car il retient l'eau,
  • Un apport hydrique important quotidien favorise leur régime : « l'eau fait maigrir».

Toutes les patientes qui ont suivi un traitement ont été revues ou interrogées par les médecins qui les avaient suivies en cellulolipolyse, 4 à 10 semaines après la fin de la cure. Il a été demandé aux patientes d'évaluer les résultats obtenus après le traItement.

Evaluation des paramètres

Population :

Seules 1211 patientes ont fait l'objet d'une cure cellulolipolyse.

Age :

Minimum 18 ans, maximum 70 ans.
Les 31-45 ans représentent 50 % des dossiers.
Cette fourchette correspond bien à l'age où les femmes, après des grossesses et avec une vie professionnelle stabilisée, demandent un traitement esthétique.

Poids :

Extrêmes : 84 42 kg.
Poids moyen : 58,2 kg.

Sport :

34,6 % des consultantes pratiquent régulièrement un sport. Il peut être un appoint précieux dans le cadre de la cure, et doit être systématiquement conseillé dans le cadre d'une bonne hygiène de vie.

Régime :

87 % avaient déjà fait un ou plusieurs régimes.
19,7 % font un régime lors de la première consultation.
L'interrogatoire a permis de mettre en évidence une sous hydratation globale de cette population avec une moyenne de 0,9 litre d'eau bue par jour.
57 % des femmes disent boire 1 litre ou moins par 24 heures.

De même, 65,2 % s'alimentent peu ou pas salé. L'enquête alimentaire pratiquée systématiquement à la première consultation a montré que 89,7 % des patientes avaient des règles hygiéno-diététiques perturbées.

Traitements associés :

12,5 % avaient un traitement hormonal (hors contraception par voie orale) et 12,7 % un autre traitement.

Contraception et ménopause :

5,5 % des clientes étaient ménopausées.
43,6 % n'avaient pas de contraception.
34,6 % prenaient une contraception par voie orale.
21,8 % avaient un dispositif intra-utérin.

Résultats bruts – Adhésion au traitement

Suivi des séances :

69,5 % des patientes ont effectivement suivi les 6 séances préconisées. Ce taux atteint 91 % si l'on prend en compte 5 ou 6 séances. Seulement 0,8 % ont arrêté après 1 ou 2 séances.

La méthode est peu agressive, bien tolérée, les patientes sont convaincues et motivées ; ceci est probablement renforcé par la constatation précoce de résultats et un bon suivi médical. Il nous paraît fondamental d'être vigilant sur les conditions d'application de la technique : locaux, appareillage, personnel expérimenté.

22,3 % des patientes ont fait une pause au cours de la cure (pause préconisée car rupture du contrat de soins, ou raisons personnelles des patientes). 70 % d'entre elles ont cependant fait les 6 séances. 12 ,5 % ont même fait 7 ou 8 séances (pause supérieure à 1 mois).Cette pause n'a pas d'incidence sur la perte de volume, dans la mesure où les mesures hygiéno-diététiques déterminées ont été appliquées et que les 6 séances ont été effectivement faites.

Suivi de l'hydratation :

La moyenne d'hydratation avant traitement était de 0,91 par jour. Cette même moyenne monte à 1,8 l par jour au cours de la cure et est stabilisée à 1,6 l par jour 2 mois après le traitement.

Le suivi médical impose parallèlement un apport sodé satisfaisant. 58 % des patientes ont reçu entre 1 et 3 grammes de sel quotidiennement (à rapprocher des 65,2 % qui mangeaient peu ou pas salé avant la 1re consultation).

Perte en poids :

Une perte en poids significative (jusqu'à 6 kg pour l'une d'entre elles) n'est retrouvée que chez 15,7 % des patientes. La perte moyenne de poids a été de 1,7 kg.

Perte en cm au niveau des cuisses :

La moyenne de perte en circonférence est de 4,04 cm.

Cette zone, siège électif de la cellulite, est le plus souvent traitée. Les résultats se manifestent souvent dès la deuxième séance, sont progressifs et continuent d'évoluer au-delà de la 6e séance. L'importance de la perte est corrélée au volume initial.

En effet, pour des circonférences supérieures à 59 cm, la perte moyenne est de 4,77 cm. Par contre, pour des périmètres inférieurs à 54 cm, la perte moyenne n'est que de 3,54 cm.

Les pertes en volume les plus importantes ne correspondent pas aux plus grandes pertes en poids.
62 % des patientes perdent entre 3 et 5 cm en 6 séances pour une moyenne de tour de cuisse de 57 cm, ce qui correspond à une diminution de 5,2 à 8 % du volume initial.

Perte en cm au niveau des genoux :

La perte en cm sur les genoux est de 1,86 cm en moyenne. Celle-ci est appréciable car ramenée à la taille moyenne de départ (40,5 cm), elle correspond à 4,4 % de perte sur la circonférence.

Perte en cm au niveau des hanches :

Au niveau des hanches et au niveau de la taille, il y a moins de demandes.
Cependant les résultats sont particulièrement bons, avec une moyenne de 6,39 cm en moins pour les hanches et de 5,49 cm pour la taille.

Appréciation subjective

Le critère de satisfaction des patientes est particulièrement important dans un domaine tel que la médecine esthétique.

Il a été demandé aux patientes au cours du traitement d'évaluer les résultats obtenus selon les critères suivants :

  • 0 = amélioration - pas de résultats.
  • 1 = amélioration - résultats modérés.
  • 2 = amélioration sensible – bons résultats.
  • 3 = nette amélioration – très bons résultats.

70,2 % des femmes traitées ont été satisfaites ou très satisfaites de la cure.

Il est intéressant de noter que 7,6 % des patientes suivies en cellulolipolyse avaient subi précédemment une liposuccion et demandaient une correction des résultats obtenus par la chirurgie.

61,5 % de ces patientes ont été satisfaites ou très satisfaites des résultats de la cellulolipolyse.

Amélioration de la peau et de l'insuffisance veineuse

A l'interrogatoire initial et à l'examen, il est retrouvé 81,8 % de problèmes veineux chez les consultantes (insuffisance veineuse, varicosités, troubles trophiques, etc.).

Après la cure, 64,3 % des patientes signalent une amélioration de la symptomatologie fonctionnelle.
66,7 % des patientes notent pendant et au cours du traitement une amélioration de la qualité et de la texture cutanée et une diminution de l'aspect « peau d'orange ».

Critère d'influence

Age :

Il n'influe pas sur la qualité de la réponse.

Poids de départ :

En comparant des populations de poids différents (inférieur à 52 kg et supérieur à 6 kg), on constate pour ces dernières une perte en volume plus importante, que ce soit au niveau des cuisses ou des genoux. Cette perte n'est pas corrélée à une perte de poids.

Volume de départ :

Une circonférence élevée au départ (troubles lipodystrophiques importants) réagit d'une manière plus importante à la cellulolipolyse.

De même, plus l'installation des troubles est récente, plus la thérapeutique semble efficace.

Hydratation complémentaire et supplémentation en sel : nous avons vu que l'hydratation globale augmentait au cours de la cure. Il faut en permanence lutter contre la certitude que l'eau seule fait maigrir et que le sel retient l'eau. Ainsi 58 % des patientes ont reçu entre 1 à 3 g de sel par jour tout au long des séances.

En comparant les 2 populations sans et avec réajustement hydro sodé, on constate chez cette dernière de meilleurs résultats, que ce soit au niveau des cuisses ou des genoux, et, là encore, indépendamment de toute perte en poids.

CONCLUSION

La technique est très bien tolérée.

La zone la plus souvent traitée est la cuisse. La cellulolipolyse entraîne une diminution évidente de la circonférence, indépendamment de la perte de poids.

Le fait de traiter les patientes sur une période d'environ 6 semaines permet une prise en charge globale.

Un bon équilibre hydro sodé optimise les résultats.

Des règles hygiéno-diététiques simples :

Suppression des graisses, diminution des hydrates de carbone permettent une réduction minime de l'apport calorique d'environ 400 calories par jour ce qui en termes de bilan sur 2 mois peut atteindre 24 000 calories (1 kg de graisse = 8 000 calories).

C'est une technique non invasive, alternative à la chirurgie.

Nous estimons, sur les dossiers traités, et indépendamment des propres critères des patientes, avoir 75 % de bons résultats, appréciés non seulement sur la perte de volume, mais aussi sur l'amélioration de l'insuffisance veineuse et de la qualité de la peau.

Nous sommes très vigilants sur le maintien des résultats. En effet avec un recul d'environ 2 ans sur les dossiers qui ont pu être suivis, nous notons peu de récidives (environ 15 %) et d'autant que les patientes ont continué d'appliquer dans une mesure raisonnable et suivi les règles hygiéno-diététiques spécifiques.

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